Les marques d’origines...

Le premier souci de l’administration a été que les lettres portent leur origine. C’était en effet une préoccupation financière car les tarifs étaient extrêmement complexes et calculés selon la distance que devait parcourir la missive, et comme l’immense majorité des lettres étaient envoyées en port dû - c’est à dire que c’était le destinataire qui en acquittait la taxe - il était importance de savoir quelle était la distance parcourue.

Pour cette raison, apparurent les premières marques postales, soit d’abord à la plume, puis à l’aide d’une griffe portant le nom du bureau expéditeur. Dans de rares cas, le port était payé par l’expéditeur et mention en était apposée sur la missive à l’aide d’une marque P.P. (port payé). Avec de telles dispositions, et jusqu’à l’apparition du timbre-poste, on verra se succéder différentes marques postales de tailles et de formes diverses, en noir, parfois en rouge, accompagnées d’un grand chiffre à la plume au recto, indiquant le montant de la taxe à régler par le destinataire (sauf pour les P.P.).

Si le destinataire n’avait pu être touché, on apposait une griffe déboursé afin que le bureau de réception soit déchargé de cette taxe.

L’annulation des vignettes.
L’apparition des timbres-poste va faire naître une nouvelle préoccupation : la non réutilisation des vignettes. Toutefois, celle de l’origine de la lettre demeure. Dès lors, les deux oblitérations ont coexister sur les lettres : une griffe pour annuler le timbre et un cachet portant l’origine du bureau expéditeur avec la date.

Pendant les quinze premiers jours de 1849, il y eut un peu de pagaille : entre autres, quand la procédure d’annulation des timbres était mal appliquée parce que mal comprise.
De la sorte, on trouve des annulations variées : plume, cachet à date, annulation avec des cachets de fortune (dont certains sont très rares). Il découle de ces variétés le premier timbre pré oblitéré : le bureau J de Paris annule préalablement ses feuilles de timbres à l’aide d’une rosette à cinq branches .

A partir du 11 janvier 1849 (première date connue), les timbres sont annulés à l’aide d’une grille distribuée à chaque bureau de poste. Puis, on attribua un numéro d’ordre à chaque bureau selon leur classement alphabétique : c’est ce qu’on appelle communément la nomenclature des petits chiffres. La ville de Paris fait exception ; ses bureaux seront identifiés par une lettre.
Quand des bureaux supplémentaires apparurent, la numérotation selon l’ordre alphabétique ne put être maintenue. Pour cette raison, la première nomenclature est arrêtée comme suit : bureaux métropolitains -> 3703 ; bureaux à l’étranger et outre marins 3704 -> 3777 ; dépassant toutes ces limites, on alla jusqu’à 4494. Pour Paris, on ajouta un S aux lettres primitives, puis un numéro aux bigrammes.

Des bureaux spéciaux, désignés sous le nom d’ambulants, furent créés pour les chemins de fer. C’étaient de vrais bureaux de tri qui disposaient d’un wagon spécial. On leur attribua une griffe portant en principe les initiales des lignes sur lesquelles elles étaient utilisées. Il y avait une griffe pour chaque sens et chaque brigade.
La plus grande partie des lignes partait de Paris mais il y avait également de plus rares ambulants strictement provinciaux. Ces derniers disposaient chacun d’une griffe et d’un cachet à date d’origine.

D’autres griffes furent créées en diverses circonstances.
Il en est ainsi pour les expéditions militaires post-1849 : expédition de Rome, guerre d’Italie, expédition de Syrie, guerre de Crimée, expédition du Mexique, etc. Chaque corps militaire eut sa griffe et son cachet à date.
On créa griffes et cachets pour les exposition de 1855 et 1867.
L’empereur Napoléon III avait un bureau spécial qui le suivait. Il y eu des griffes pour chacun des palais (Saint-Cloud, Compiègne…) et des cachets spéciaux lors de ses séjours à Vichy, Biarritz, Plombières, ainsi qu’un bureau spécial de l’empereur lors de la guerre d’Italie. Les oblitérations des bureaux de l’empereur sont toujours frappées en rouge (mais toutes les oblitérations rouge ne sont pas des bureaux de l’empereur !)

Les bureaux de Paris.
Devant l’augmentation du nombre de bureaux parisiens, il fut décidé d’une nouvelle nomenclature pour ceux-ci. Le bureau central possédait une étoile muette et chacun des trente neuf bureaux fut doté d’une étoile portant en son centre le numéro qui lui était attribué.

La numérotation gros chiffre.
Les bureaux reçurent un numéro gros chiffre (G.C.) jusqu’au numéro 4999. Les bureaux d’Algérie et les bureaux à l’étranger furent numérotés de 5000 à 5172. Et la numérotation des bureaux supplémentaires commença à 6000 pour atteindre 6449.
Les bureaux d’Alsace-Lorraine ayant été supprimés après la guerre de 1870, leurs numéros se trouvent libres lors de la nouvelle numérotation et sont réattribués .

Annulation avant tout !
Les règlements étaient formels et bien appliqués : un timbre doit être annulé au départ.
Si pour une raison quelconque l’oblitération a été omise, celui qui s’en aperçoit le premier doit y remédier mais en aucun cas en utilisant son cachet habituel. En effet, ce dernier servant à faire foi de l’origine de la lettre, son apposition risque de créer un malentendu sur cette origine. Aussi l’annulation doit se faire avec les moyens de fortune dont on dispose. Par exemple, le petit cachet rond 0R (origine rurale) du facteur rural, ou encore, le cachet OL (origine locale) du facteur urbain.
Cette règle est toujours en vigueur actuellement mais exceptionnellement appliquée !

En 1876, un nouveau système d’oblitération est mis en œuvre. Les maniements successifs de la griffe et du cachet à date ralentissant la service, seul le cachet à date sera désormais manipulé : une fois pour annuler le timbre puis une seconde fois pour attester  de l’origine de la missive.

Les dispositifs modernes et en particuliers mécaniques répondent à cette même nécessité s’adaptant par ailleurs à l’accroissement de la correspondance.

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