L'Interdiction des Duels

[Le Phil@tiré, ou l'amorce d'une thématique]

Au Moyen Âge, lorsqu'un conflit était porté devant une cour de justice, celui-ci se résolvait grâce à une épreuve judiciaire. Le duel était alors reconnu comme preuve juridique par le droit coutumier. Il opposait deux adversaires, dont l'un avait demandé réparation par les armes, et se déroulait suivant des règles très précises. Considéré comme « choisi par Dieu », le vainqueur pouvait alors décider de gracier ou d'achever son opposant.
A partir du XVe siècle, le roi de France et l’Église tentent en vain d'interdire les duels. Ceux-ci se sont multipliés et se sont progressivement transformés en affaires d'honneur. Ils n'ont plus rien à voir avec une quelconque idée de justice. Ce combat devient une mode et, sous l'influence des maîtres italiens, l'épée en constitue l'arme quasiment exclusive. Le nombre de tués augmente alors da1973 - Cardinal de Richelieu (Y&T n° 1766)ns de telles proportions que l'on estime que près de dix mille nobles sont tués lors de duels, entre 1588 et 1608. Les édits d'interdiction se succèdent, mais ceux qui désobéissent obtiennent systématiquement une lettre de grâce les absolvant de tout délit.
En 1602, le duel est assimilé à un crime de lèse-majesté, mais il faut attendre le 24 mars 1626 pour que Louis XIII, sur proposition du cardinal de Richelieu, l'interdise en France. Décidé à appliquer cette législation, Richelieu fera décapiter, le 22 juin 1627, François de Montmorency-Bouteville, qui s'était battu en plein jour, place Royale, avec Guy d'Harcourt, comte de Beuvron, lequel parviendra à s'enfuir en Angleterre. Pour autant, les duels ne continuent pas moins d'exister malgré les nombreuses interdictions (Louis XIV publie, lui aussi, un édit en 1679 et le code civil napoléonien le considère comme un homicide volontaire). Le dernier duel a lieu le 2 mai 1967, lorsque Gaston Defferre affronte René Ribière et lui inflige deux estafilade, mettant ainsi fin au combat.

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